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Ile Maurice : La note salée de la marée noire du Wakashio

huile lourde dans le Sud-Ouest de l'île Maurice par le bateau Wakashio

Environment

Ile Maurice : La note salée de la marée noire du Wakashio

Ile Maurice : La note salée de la marée noire du Wakashio

Le déversement de 1,000 tonnes d’huile lourde dans le Sud-Ouest de l’île Maurice par le bateau Wakashio laisse des dégâts considérables.

L’île Maurice fait actuellement face au pire désastre écologique de son histoire. Le 6 août dernier, un navire, le Wakashio, s’est fissuré pour laisser se déverser près de la moitié d’une piscine olympique d’huile lourde dans le Sud-est du pays. Ce drame laissera définitivement une note salée pour l’environnement et l’économie de l’île africaine.

Le navire appartient à Okiyo Maritime Corp, une société associée de Nagashiki Shipping Co. Ltd, et est exploité par Mitsui O.S.K. Lines.

Le pays fait déjà pression pour être compensé. Nagasaki Shipping, qui a été prompte à présenter ses excuses, a confirmé la demande de compensation du gouvernement mauricien. “Nous pouvons confirmer que le gouvernement mauricien a demandé une compensation de notre part », indique la compagnie dans un “press statement“. 

Le Wakashio à été loué à l’affréteur japonais, Mitsui OSK Lines. Le vraquier qui avait quitté la Chine, le 4 juillet devait récupérer du minerai de fer du Brésil, mais a étrangement changé de trajectoire pour s’échouer à Maurice, le 25 juillet dernier. 

Selon la Convention Internationale de 2001 sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures de soute, c’est le propriétaire plutôt que l’affréteur qui est tenu responsable des dommages causés par le déversement d’huile lourde.

L’île Maurice signataire de l’accord de 1976

Les indemnités versées par les armateurs sont régies par la Convention de 1976 sur la limitation de la responsabilité en matière de créances maritimes. La convention a été modifiée en 1996.

Selon le cabinet tokyoïte expert en droit maritime, Toda & Co, l’île Maurice serait signataire de l’accord de 1976 alors que le Japon, celui de 1996. 

Dans un entretien à l’agence Reuters, le cabinet affirme que la version 1976 limite les paiements à USD 18,7 millions (Rs 741 millions) tandis que le document de 1996 a une limite supérieure de 65 millions USD (Rs 2,6 milliards).

Cependant en cas de faute grave, les demandes d’indemnisation peuvent dépasser la limite supérieure.

L’indemnisation des dommages environnementaux et de la perte de moyens de subsistance par le Wakashio devrait être couverte par une assurance de responsabilité civile.

C’est l’assureur maritime japonais, Japan P&I Club qui couvre le Wakashio. L’assurance devrait couvrir l’enlèvement du navire, ainsi que le nettoyage et d’autres responsabilités légales liées au propriétaire.

Nous essayons de faire des estimations internes selon différents scénarios … Y compris le pire et le meilleur, mais nous n’avons pas encore de chiffres que nous pouvons divulguer”, a déclaré le porte-parole de Japan P&I Club, Koichi Miyahiro.

Les litiges historiques

Parmi les litiges concernant le déversement d’huile lourde, celui lié à l’accident au golfe du Mexique en 2010, a été le plus médiatisé. En 2015, le département de Justice américain a ordonné à BP d’offrir une compensation de plus de USD 20 milliards pour le dégât causé par l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique. 

Cet accident avait entraîné la mort de onze personnes et le déversement pendant 87 jours, de 4,9 millions de barils d’huile lourde dans le golfe du Mexique.  Gina McCarthy, l’administratrice de l’Environmental Protection Agency, a estimé que le règlement final représentait un paiement de 1 725 $ pour chaque baril de pétrole déversé lors de la catastrophe.

Le 29 mai dernier, 21 000 tonnes de carburant se sont déversées dans plusieurs cours d’eau dans l’arctique Russe, suscitant une immense marée rouge, visible depuis l’espace.

L’agence russe de surveillance de l’environnement a demandé un dédommagement de 1.8 milliard d’euros au taux actuel au géant minier Norilsk Nickel équivalent au tiers des profits nets du groupe en 2019. 

Cet oil spill à l’île Maurice met en péril 35 ans d’efforts de restauration et de préservation du littoral. L’échouage a eu lieu près d’un site Ramsar, Pointe d’Esny, mais aussi d’un parc marin qui abrite des espèces marins rares.

Selon les dernières estimations, près de 500 tonnes d’huile lourde ont déjà été enlevée de la mer. Environ 2,500 autres tonnes ont été avec succès pompées des réservoirs du navire grâce aux efforts coordonnés d’experts japonais, onusiens et français.

À l’heure actuelle, aucune évaluation officielle des incidences sur l’environnement n’a été effectuée.


Wakashio Oil Spill - An Ecological Disaster Mauritius will never forget

Les entreprises japonaises derrière ce drame écologique

MV Wakashio

Le «Wakashio» est un vraquier à double fond mesurant 300 mètres conçu pour le transport de marchandises lourdes. Nagashiki Shipping l’a fait construire en 2004 par Universal Shipbuilding Corporation au Japon. Le navire est incorporé au registre panaméen le 29 mars 2007. Toute sa certification technique, délivrée par la NKCLASS (Nippon Kaiji Kyokai) Classification Society, était valide jusqu’au 22 avril 2021. 


Le samedi 15 août, le MV Wakashio s’est scindé en deux sur les récifs de Pointe d’Esny. La partie avant sera d’abord remorquée avant d’être coulée au large, à au moins 1 000 kilomètres, de Maurice, ”, ajoute-t-il. La partie arrière, elle, sera laissée sur les brisants pour l’instant.

Nagashiki Shipping

Nagashiki Shipping, est basé à Okayama, dans l’ouest du Japon. La société possède actuellement 11 navires, dont des porte-conteneurs, des pétroliers et des vraquiers comme le Wakashio.

Initialement connue sous le nom de Nagashiki Ship Department, la compagnie a commencé ses opérations en tant que ligne de navires de sel du 17ème au 19ème siècle. Plus tard, elle s’est développée dans le transport de bambou, de bois et de charbon de bois, entre autres..

L’entreprise a perdu tous ses navires après la deuxième guerre mondiale mais a été rétablie en 1958 et rebaptisée Nagashiki Shipping.

Mitsui O.S.K. Lines

Mitsui O.S.K. Lines est une société de transport japonaise dont le siège social est à Tokyo, Japon. C’est l’une des plus grandes compagnies maritimes au monde. Le Wakashio battant pavillon panaméen était en route pour le Brésil pour récupérer du minerai de fer, selon Mitsui OSK.

L’accident n’est pas le premier impliquant Mitsui OSK Lines. En 2006, le pétrolier Bright Artemis exploité par l’entreprise a subi des dommages en tentant de sauver l’équipage d’un autre navire, selon un communiqué de la société de l’époque. On estime que 4 500 tonnes de pétrole brut se sont échappées du navire dans l’océan Indien.

Japan P&I Club

Nagashiki Shipping est assuré par le Japan P&I Club. Ce dernier est le principal assureur de navires privés au Japon. Elle a été fondée le 2 octobre 1950. À la fin de mars 2020, le Japan P&I Club avait 3,158 membres, et couvre 4,198 navires représentant un tonnage de marchandises de 99.3 millions Gt (gigatonnes)

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